JPM a un avis sur tout - Les prononciations ridicules

Prononciations ridicules

Si vos plus proches amis sont Steevy Boulay, Lorie ou Marc-Olivier Fogiel, vous pouvez vous dispenser de parcourir cette page.

Si, en revanche, vos relations possèdent plus de trente mots de vocabulaire, ont terminé leurs études ailleurs que dans une classe de transition de la Seine-Saint-Denis, et ont ouvert un livre dans les douze derniers mois, peut-être devriez-vous parcourir le court catalogue ci-dessous des mots que l’on écorche. Cela peut vous éviter d’être montré du doigt.

Quoique...

Les Français, en effet, se signalent par leur ignorance, non seulement de la langue de leurs voisins, ce qui n’est pas très aimable (aucun artiste italien, notamment, n’ignore le français), mais aussi par le dédain de leur langue maternelle.

Voici donc ce modeste florilège. Il va sans dire que ces informations ont été vérifiées dans les meilleurs dictionnaires. Le Littré d’abord, monument indispensable (les cons disent « incontournable »), mais aussi le « Larousse des difficultés de la langue française ». En revanche, le dictionnaire Robert a été laissé de côté : il est bien connu que cet ouvrage très médiatisé entérine comme correctes toutes les fautes de français, dès lors qu’elles sont commises par une majorité ! C’est sans doute pour cette raison qu’il a autant de succès.

aiguiser

Ce verbe est de la même famille que l’adjectif aigu et que le nom aiguille. De sorte que la lettre « u » se prononce, hé oui ! Et que la syllabe « gui » n’a pas le même son que le prénom Guy ! Très rarement prononcé comme il faudrait...

arguer

Ce verbe, on s’en doute, est de la même famille que le mot argument, et se prononce par conséquent de la même façon : « ar-gU-er », avec le « u » audible. Il ne rime pas avec reggae !

Le participe présent arguant obéit à la même règle, et ne se prononce pas comme Argan, le nom du personnage de Molière dans Le malade imaginaire. Pourtant, dans son discours de réception à l’Académie française, le 22 janvier 1981, Marguerite Yourcenar fit précisément cette faute ! Les autres académiciens en frémissent encore, du moins ceux qui ne dormaient pas.

Et c’est justement pour éviter ce type de faute que l’Académie, dans ses suggestions pour une réforme de l’orthographe, préconise de placer un tréma sur le « u » du verbe arguer. Ce ne serait pas plus bête.

burnous

Il n’y a pas de lettre muette dans les mots arabes ! On doit prononcer « bur-nousse », pas « bur-nou », pour désigner ce manteau de laine.

enamouré

Vous avez remarqué l’absence d’accent sur la première lettre ? C’est la clé de la prononciation : ce mot est composé à partir du mot amour et du préfixe en, comme enquiquiner, enfiler, emmêler, ennuyer ou emmerder !

Par conséquent, on ne prononce pas plus « é-na-mou-ré » qu’on ne dit « é-merdé », « é-mêlé » ou « é-nuyé », mais « AN-na-mou-ré ». Hélas, même Brassens a écorché le mot !

gageure

N’imitez pas Daphné Roulier, la présentatrice de Canal Plus : aucune ambiguïté, ce mot ne se prononce pas « gajeure » (rimant avec heure), mais « gajure » (rimant avec parjure).

La lettre « e » qui induit en erreur n’est là, placée après le second « g », que pour en adoucir la prononciation et lui conserver le même son « j » que dans « cage ».

Giuseppe

Ce prénom italien est systématiquement massacré en « gü-i-zèpe », au prix d’une inversion saugrenue des deux premières voyelles.

Rappelons qu’en italien, le « i » après un « g » ne s’entend pas, il n’est là que pour adoucir cette dernière lettre et lui donner le son « j ».

Finalement, on doit entendre « jou-zé-pé ».

igné

À ne pas faire rimer avec niais ! Le « g » et le « n » ne fusionnent pas, ils sont dits séparément. Donc on prononce « ig’-né ». Encore une faute que Marguerite Yourcenar commit dans son discours de réception à l’Académie française. Ce n’était pas son jour...

jungle

Ce mot anglais se prononce « JON-gle », et non pas « JUN-gle ». Mais il est rare de l’entendre prononcer ainsi, même sur Arte quand la chaîne consacre une soirée à Tarzan.

kamikaze

Mot japonais. Par conséquent, un simple coup de téléphone au Consulat du Japon vous confirmera qu’il se prononce « ka-mi-ka-zé », pas « kamikaz’ » – le « e » muet n’existant pas plus en japonais qu’en italien ou en espagnol.

Nul ou presque, en France, ne semble le savoir. Une seule fois, j’ai entendu prononcer correctement ce mot que le terrorisme a remis à la mode : sur France Inter, par Frédéric Charles, correspondant de Radio France au Japon.

loquace

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, ne fournit qu’une rime pauvre à Boccace, puisque ce mot se prononce « lo-kouass ». Encore l’histoire de la lettre « u » qui n’est pas muette !

magnat

Les journalistes parlent souvent d’un « mania du pétrole », mais dans le mot magnat, les lettres « g » et « n » se prononcent distinctement, et on doit entendre « mag’-na ». Rien à voir, donc, avec Rose Manya, chanteuse qui faisait bien rigoler dans les années cinquante.

magnum

Un magnum est une bouteille contenant deux litres. La règle de prononciation est la même que pour le mot précédent : on dit « mag’-nomme ».

Miguel

Pourquoi ce « mi-gouelle » insistant et torturé ? Le « gu » espagnol se dit exactement comme en français ! Ce prénom se prononce donc un peu comme mygale (en français, il n’y a pas de rime en « guelle »), sans le moindre son « ou ».

On aggrave son cas si l’on prononce « Louisse-Migouelle Domine-gouine » !  

patio

Aucune raison de prononcer « passio » ! Ce mot est espagnol, et la lettre « t » se dit telle qu’elle s’écrit, dans absolument tous les cas. La langue espagnole ignore l’assimilation sonore du tion au sion que font les Français. Ce n’est donc pas sorcier que de ne pas inclure de complicación là où tout est simple !

plaza

Pas de « pladza » ! Ce mot est espagnol, et le son « z » n’existe pas dans cette langue. La lettre « z » s’y prononce un peu comme le « th » anglais dans thing. Dites « plassa », on vous comprendra mieux à Ibiza !

Risi

Le réalisateur italien Dino Risi, en dépit d’une carrière assez longue, et à qui l’on doit le célèbre Profumo di donna (en français, Parfum de femme), n’a jamais atteint une notoriété suffisante, chez nous du moins, pour que nous parvenions à prononcer correctement son nom !

Pourtant, rien de plus facile, il suffit de prononcer comme en français, puisqu’en italien, le « s » entre deux voyelles se dit « z » comme chez nous.

Donc « ri-zi », et pas l’absurde « ri-dzi ».

Spielberg

La mode, venue assez tard et d’on ne sait où, consiste à prononcer à l’allemande et à dire « chpilbergue », ce qui n’est en rien justifié, puisque Steven Spielberg, né à Cincinnati, n’a rien à voir avec l’Allemagne. Il suffit de zapper sur une chaîne de télévision des États-Unis pour vérifier qu’on prononce bien « SSSSSpil-beu’gue » !

toubib

Comme relevé à propos de burnous, il n’existe pas de lettre muette en arabe. On ne dit surtout pas « toubi » pour désigner un médecin, mais « tou-bibe ».

yacht

Lorsque vous exprimez votre étonnement d’entendre prononcer « iott », on vous répond en général que c’est parce que ce mot est anglais.

Or, d’une part, dans aucun mot anglais, la séquence « ach » ne se prononce « o », encore moins avec le « au » de tuyau comme le croient les Français ; et d’autre part, yacht est un mot néerlandais, c’est-à-dire imprononçable ! Pas anglais.

En fait, le « a » de ce mot s’énonce à peu près comme chez nous, quoique plus sonore, et le « ch », très guttural, est voisin du son produit dans l’allemand nacht, ou dans l’arabe Ahmed. Les personnes dépourvues d’un gosier en acier chromé se résignent à dire « iâkt », ce qui est un bon compromis.

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Dernière mise à jour de cette page le lundi 1er septembre 2014.