JPM a un avis sur tout – Lire les comptes d’une société

Lire les comptes d’une société

Cinq clés suffisent :

Le résultat net

DÉFINITION : Résultat d’exploitation + Produits financiers + Produits exceptionnels – Impôts sur les bénéfices = Résultat net.

Il indique si l’entreprise fait des profits ou des pertes. C’est le signe le plus voyant des performances de l’entreprise (notamment pour la Bourse).

UTILITÉ : parfois trompeuse.

Il peut en effet être affecté par des facteurs exceptionnels (plus-values sur cessions d’actifs, revenus de placements financiers) qui ont peu à voir avec la capacité bénéficiaire courante. De plus, il ne renseigne que sur l’activité passée. Or, la publication du résultat net a souvent pour effet de déclencher des revendications salariales, qui, elles, engagent durablement l’avenir.

Les dividendes

DÉFINITION : Résultat net – Réserves = Dividendes.

C’est la part des bénéfices qui est distribuée aux actionnaires.

UTILITÉ : « décalée ».

Cet indicateur est moins significatif de la santé actuelle de l’entreprise qu’on peut le penser : même si elle gagne moins d’argent, les membres du conseil d’administration peuvent décider de maintenir le dividende de l’année précédente afin de « fidéliser » les actionnaires. Néanmoins, une augmentation du dividende, surtout si elle est régulière d’année en année, est le plus souvent pour le salarié un indice de la bonne santé de l’entreprise.

Les gains de productivité

DÉFINITION : ils représentent le supplément de richesse créé par le travail des employés grâce à l’organisation et aux équipements mis en place par l’entreprise. Si trois ouvriers fabriquent dans le même temps quatre voitures au lieu de trois, la productivité a augmenté. Il s’agit d’un gain pour l’entreprise, puisque le coût salarial est incorporé dans le prix final du produit. On peut rapporter la masse salariale au chiffre d’affaires ou à la valeur ajoutée, à effectif constant.

UTILITÉ : cet indicateur est valable, à condition de se souvenir qu’il ne mesure pas seulement la contribution propre du salarié ; il englobe également les gains réalisés grâce à l’adoption de nouvelles techniques ou d’innovations, qu’il a fallu payer sous forme d’investissements, et qui méritent donc aussi une rémunération.

La valeur ajoutée

DÉFINITION : Production – Consommation intermédiaire = Valeur ajoutée.

Elle se calcule en déduisant du chiffre d’affaires toutes les consommations intermédiaires, dont les matières premières. Si une pièce détachée est vendue 100 euros, et qu’elle a nécessité 40 euros de métal et 20 euros de plastique, la valeur ajoutée sera de 40 euros. C’est la mesure la plus simple de la richesse produite par l’entreprise, donc, en partie, par ses salariés.

UTILITÉ : elle peut permettre de rémunérer les salariés ou bien le capital (investissements, intérêts, dividendes, etc.). C’est là que porte le débat sur le partage de la valeur ajoutée (la marge brute, en termes comptables) : certains syndicalistes regardent la progression de la valeur ajoutée, rapportée au nombre d’employés ; si elle est supérieure à l’augmentation salariale, le partage évolue en faveur du capital.

La capacité d’autofinancement

DÉFINITION : Épargne brute de l’entreprise – Investissements = Excédent d’autofinancement.

Lorsqu’une entreprise épargne plus qu’elle n’investit, elle dégage une capacité de financement. Si le taux d’autofinancement dépasse 100 %, cela signifie qu’elle a économisé au-delà de ce dont elle avait besoin pour acheter de nouveaux équipements, agrandir ses ateliers, ou acquérir d’autres entreprises, sans avoir recours au crédit d’une banque.

UTILITÉ : cet indicateur est révélateur. La capacité d’autofinancement peut être très excédentaire si l’entreprise est en phase de faibles investissements. Moins voyante que le résultat net, cette capacité, directement alimentée par l’exploitation courante de l’entreprise, peut prouver qu’il existe une marge pour une progression des salaires, sans remettre en cause sa stratégie d’investissement.

Référence : « Le Revenu Français », n° 341 du 14 avril 1995, pages 2 et 3.
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Dernière mise à jour de cette page le lundi 3 avril 2017.