Vie et opinions de JPM, agitateur inculte - Chez « Friends ’

JPM se tape un bide

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Le croirait-on ? Même JPM est capable de se ramasser un bide quand il veut faire de l’esprit. Cette « culture du bide » lui a été inculquée par Jacques Ramade, estimable comédien qui fait partie de ce qu’on appelle dans les journaux la « bande à Ruquier ». Loin de s’en chagriner, ce pervers (pas Jacques Ramade) s’en réjouit. C’est dire si les exemples qu’on peut lire plus bas l’ont comblé, même s’il n’ambitionne pas d’atteindre la vertigineuse beauté de ce bide du siècle précédent : l’achat en viager de la maison de Jeanne Calment par un voisin que la plus que centenaire enterra sous les ricanements de la France entière.

Outre les bides, Jacques Ramade est également un spécialiste des « brèves ». JPM s’y est essayé, en résumant les films qui ne méritaient pas une critique plus fouillée.

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Jacques Ramade, comédien, né en 1928, fut le complice de Laurent Ruquier à partir de l’été 1991, date à laquelle ils animaient avec Pascal Brunner, sur France Inter, une de ces émissions  bouche-trou réservées aux vacances d’été, Ferme la fenêtre pour les moustiques.

Artiste comique voué à ces fameux rôles dits « de second plan » qui ont fait la gloire du cinéma français avant que celui-ci tombe aux mains des Besson, Poiré, Jeunet et autres Gans, seconds rôles où s’illustrèrent des comédiens aussi mythiques que Raymond Bussières, Julien Carette ou Robert Dalban, Jacques Ramade trompe bien son monde : séducteur impénitent sous une apparence modeste, il est aussi clarinettiste, excellent connaisseur du jazz, et auteur de brèves souvent assez cruelles, telle que « Jeanne Calment va sortir en coffret », qu’il lança au micro après que des aigrefins eurent fait enregistrer à la doyenne du monde un prétendu disque de rap.

C’est sans doute le seul comédien assez fou pour donner au micro de la radio nationale son numéro de téléphone personnel (j’ai vérifié), ce qu’il a fait dans Rien à cirer : et assez détaché des vanités de ce monde pour se délecter des bides qu’il se plaît à récolter et qui font les délices des véritables connaisseurs.

Jacques Ramade

Mes bides dans Friends

Habitué du forum ouvert sur le site du Fan-club français de Friends, dès le 31 décembre 2000, JPM écrivait à son amie Lili, qui vient du Midi et s’est installée en Normandie :

Pour la Normandie, je comprends que tu soupires après ton Midi : je HAIS la Normandie, ses vaches, ses pommes, sa pluie quotidienne, son calva, ses chevaux. Je te rassure tout de suite : on ne s’y habitue jamais.

À quoi une Normande spirituelle (ça existe) prénommée Claire, faisant mine de s’indigner, répondit :

C’est pas finit les insultes [...]?!?!?! moi je suis une normande, et j’adore cette région. D’abord, il pleut pas tout les jours (ben non, il pleut même pas aujourd’hui d’abord...) ensuite, es vaches sont trés gentilles, et les cheveaux aussi. Et puis c’est une super région, avec un air sain et pas pollué. Et le calvas, c’est délicieux. Donc, Lili, je peut t’assurer, moi, qu’on s’y habitue trés vite. Il suffit pour cela de faire l’acquisition d’un objet trés utile nommé parapluie, et de visiter la région. Dans l’orne et le cavados, il y a des coins absolument magnifiques, il suffit d’ouvrir les yeux, et de s’éloigner un peu de Rouen.

Faussement contrit, JPM s’excuse aussitôt :

Je prie les Normands de bien vouloir oublier ce que j’ai dit sur le calva. En effet, cette mixture est excellente pour nettoyer les cuivres.

Hélas, nul ne relève la provoc. Pas plus que celle-ci :

Je connais une femme qui possède des pouvoirs magiques. Notamment, elle est capable, par la seule force de son esprit, de faire pleuvoir dans la région où elle se trouve. Malheureusement, elle habite DÉJÀ en Normandie.

*

Le lendemain, premier jour du nouveau siècle, évoquant le Réveillon de la veille, il se fendait d’un petit poème improvisé, que concluait un effroyable calembour :

Plutôt que les traditionnels vœux à la con, vaines incantations qui ne changent rien à rien, voici un petit poème que j’ai torché pour vous en trois minutes sur une table d’un de mes bistrots habituels.

Poème

 

Pour vous, amis, je prends la plume

Et vous le dis, végétariens :

À ne manger que des légumes,

On en vient à mourir de faim.

C’est ainsi qu’on devient glouton.

Et hier soir, au Réveillon,

Tandis que les autres dînaient,

Phoebe bouffait.

Pour qui ne connaît pas Friends, le personnage de Phoebe s’appelle Buffay, prononcé à l’anglaise. Hélas, trois hélas, nul ne semble avoir lu ce chef-d’œuvre, et il n’y eut aucune réaction !

*

Autres bides, les tentatives pour attirer l’attention sur les sentences de Pierre Légaré, humoriste québecois, qui les a publiées dans son livre Mots de tête. Il y eut un essai, qui ne fut transformé en rien, le 25 décembre  2000 :

Question existentielle à Phoebe :

Pourquoi n’y a-t-il pas de nourriture pour chat avec goût de souris ?

Pourtant, Pierre Légaré en vaut la peine. Allez plutôt voir le court florilège que j’insère sur ce site.

*

Mais il serait juste de reconnaître que le plus beau bide recensé dans sa carrière fut le suivant : pour terminer en beauté son feuilleton sur JB-000, JPM avait conçu le projet un peu dingue d’y insérer la recette qu’on prétend ultra-secrète, mieux gardée que les trésors de Fort-Knox, de cette boisson non alcoolisée propre à étancher la soif d’aujourd’hui, et que l’on concocte dans la ville d’Atlanta. Et il tint parole, ce que vous pouvez facilement vérifier.

Pourtant, le croiriez-vous ? Aucun de ses lecteurs n’eut la moindre réaction !

Pour un bide, c’était un bide...

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Certains jeux de mots et calembours ont connu un bide total. Sur Line Renaud, son idole, JPM en a placé un qu’il aime beaucoup (il est apparemment le seul !) :

Parce que je n’ai pas aimé son dernier téléfilm, Line Renaud m’a traité de « petit con ».

« Petit », moi ?

Ici, Line, tu me fais de la peine.

Oui, tu me fais de la peine, ici, Line.

*

Quelques jours après la sortie d’un film d’ailleurs insignifiant qui reprenait le titre d’un célèbre feuilleton, JPM osa ce jeu de mots, si mauvais qu’il s’écrasa (le jeu de mots) dans le silence le plus total, tel qu’on eût entendu naviguer le porte-avions Charles-De-Gaulle :

Contemplant le corps de son frère qu’il venait d’assassiner, spectacle digne d’un film d’horreur, Caïn a déclaré : « Abel fait gore. »

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Le film de Spielberg Le monde perdu passa un soir sur France 3. Sa diffusion en était à peine terminée que le message ci-dessous apparut sur le forum. Bien entendu, ce fut le bide total.

 

(Publi-reportage)
Déplacez-vous mieux, déplacez-vous plus vite

avec
Ciraptor
La bicyclette de demain

Avec le vélo Ciraptor, vous ne passerez plus pour un dinosaure !

(Recommandé par Steven Spielberg et les studios Disney)
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Le samedi 28 avril 2001, prenant prétexte que le lendemain était son anniversaire, JPM, faisant preuve de son impudence coutumière, annonce qu’il va se livrer à une plaisanterie ce jour-là. Il le fait lourdement, à son habitude :

Hé ! les amis, vous aimez la poésie ? Oui, j’en suis sûr. Voici donc quelques octosyllabes à votre intention :

Demain, pour ce jour d’exception,

Je fais une blague à la con.

Vous allez en crever de rage !

Me bannir serait bien plus sage,

Mais ça, vous ne le pouvez pas !

Et la morale est chocolat.

Et, au jour dit, il perturbe le forum d’une manière qui révèle toute l’étendue de son cynisme écœurant : il dépose un message contenant un OVNI (objet vil et non identifié), que certains, quoique modérés, n’hésitent pas à qualifier plutôt de VOMI (vicieuse opération médiocrement imaginée). L’effet de cet objet, un horrible cache noir, consiste à masquer la fenêtre dans laquelle les internautes doivent écrire leurs messages, ce qui revient à leur en interdire l’accès. Et, joignant l’ironie facile au manque absolu de scrupules, le trublion n’hésite pas à orner son cache funèbre d’une inscription moqueuse :

Affichage réservé
Défense de déposer des tags à cet endroit

En matière de tags, c’est pourtant lui le plus prodigue ! Et l’on ne prendra pas pour argent comptant son excuse hypocrite : le forum n’est resté inaccessible que durant une heure seulement, après quoi, l’inscription railleuse a été effacée et tout est revenu à la normale.

La sanction tombera d’elle-même : personne n’a protesté, ni même relevé ! Le sinistre individu avait sans doute mal calculé son coup, puisque le dimanche entre midi et quart et une heure et quart, personne n’est encore levé, c’est l’évidence même !

*

Et ce message-ci ne vaut pas mieux :

Pour les détraqués qui aiment les messages courts :

 

En vue d’améliorer son efficacité, le mouvement féministe des Chiennes de Garde envisage de nommer un homme à sa tête.

Aux États-Unis, certains se sont fait émasculer pour moins que ça !

*

Quant à ce prétendu poème, mieux vaut tirer l’échelle !

Émotions multicolores

 

Ils rougissent à la pensée d’être surpris nus.

Vous pâlissez à la perspective de rater vos vacances.

Nous verdissons au souvenir d’une peur panique.

Il bleuit à la vision d’une corvée à réaliser.

Tu rosis au plaisir de me revoir.

Je jaunis à l’idée de te perdre.

*

Pas moins sanglant, le bide ramassé par ce compte-rendu déposé au lendemain d’une soirée entre fans de Friends :

Carnet mondain

 

C’est une assistance fort choisie qui se pressait hier soir dans les salons de la résidence parisienne du prince d’Hollander et de son épouse, née duchesse de Corbes et autres lieux. On remarquait ainsi sous les lambris la présence de la fée Morgane, accompagnée du marquis de Saad, ainsi que de monsieur Murat, dont la famille, qui remonte aux Croisades, a donné son nom à un boulevard de la capitale. Monsieur Laurent Jalaber, bien connu dans les milieux sportifs, était là en sa qualité d’arbitre des élégances, et il éblouit les invités, une fois de plus, par l’originalité et le goût extrême de sa vêture. Il fut toutefois éclipsé, dans ce domaine, par l’arrivée tardive mais très remarquée de la princesse Alexandra de Koala-Lumpur, toute de vert d’eau parée.

Le grand navigateur Amerigo Vespucci ne manquerait pour rien au monde d’honorer de sa présence les petits soupers du prince et de la princesse d’Hollander. Hélas, ce soir-là, il ne desserra pas les dents : il les avait oublié dans un verre, sur sa table de nuit. Mais, eu égard à son grand âge, nul n’osa s’en gausser en sa présence. C’eût été, du reste, de la dernière imprudence.

Comme de coutume, le chef s’était surpassé, et la chère fut succulente, même si certains palais délicats connurent quelques difficultés à en apprécier l’assaisonnement plus exotique que d’ordinaire.

La soirée ne fut marquée que d’un seul incident, fâcheux mais sans conséquence, dû au caractère capricieux de l’animal familier de la résidence. La maîtresse de maison faillit se laisser aller à un léger mouvement d’agacement, mais tout rentra très vite dans l’ordre.

L’on se sépara peu après minuit, en promettant de se revoir bientôt, à l’occasion de l’Assomption de la Très Sainte Vierge, dans quatre semaines. Nous ne manquerons pas de vous en rendre compte.

Que Dieu vous tienne en Sa Sainte Garde !