Vie et opinions de JPM, agitateur inculte - Chez « Friends ’

JPM écrit n’importe quoi

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Conte express (message 15053)

Remis le 7/05/2001 à 19:25 par Amerigo Vespucci (jpm@fanfr.com)

Madame Antoinette Pichon, veuve d’un employé du gaz, possédait un caniche nommé Dickie. Devenue trop âgée, sa santé la contraignit à se séparer de son petit compagnon à quatre pattes. Chagrinée, elle le confia à sa fille, qui habitait Lille.

Hélas, le petit chien ne put s’habituer à sa nouvelle vie, et se languissait de son ancienne maîtresse. Si bien qu’un beau matin, il s’enfuit.

Durant des jours, des semaines, des mois, l’animal chemina de ses petites pattes, par monts et par vaux. Son instinct le poussait à retrouver le domicile de la bonne madame Pichon, qui l’aimait tant.

C’est ainsi qu’un soir d’octobre, il parvint enfin dans les faubourgs de Bordeaux.

Malheureusement, madame Pichon, depuis toujours, vivait à Nice.

*

Pour la petite histoire, ce conte express fut pris au sérieux par un dénommé Adolph, qui s’étonna une heure plus tard, avec une exquise délicatesse :

Mais alors, pourquoi Dickie s’est fait chier à aller à Bordeaux alors que sa maîtresse vivait à Nice?

Je croyais que les chiens et même les chats étaient capables de retrouver la piste de leur maître (dommage pour les connards qui les abandonnent en forêt!) et de se laisser mourir sur la tombe de leur maître.

On a les lecteurs qu’on mérite !...

Vacheries

Message 15629 : remis le 20/05/2001 à 11:57 par Amerigo Vespucci (jpm@fanfr.com)

Philippe Risoli est un chanteur.

Laetitia Casta est une comédienne.

Jean-Marie Bigard est un humoriste.

Bernard-Henry Lévy est un philosophe.

Luc Besson est un cinéaste.

Christophe Lambert est un acteur.

Claire Chazal est une journaliste.

Jacques Chirac est un Président de la République.

Eminem est un humaniste.

Bernard Tapie est un homme honnête.

Laurent Fabius est un homme de gauche.

Mademoiselle Agnès est une fille intelligente.

Mère Teresa était une sainte.

McDonald est un restaurateur.

Le pacte des loups est un film.

Benjamin Castaldi est un animateur sympathique.

Lady Di était « la princesse des pauvres ».

Nulle part ailleurs est une émission de télévision.

Gérard Miller est un puits de science.

Romane Bohringer est une fille ravissante.

L’instit’ et Madame le proviseur sont des séries géniales.

Jack Lang est un bon ministre.

Jean-Marie Messier est un patron humain.

Doc Gynéco est un garçon plein d’esprit.

Coca-Cola est une boisson.

Les Robin des Bois sont des comiques drôles.

Karl Zéro est un intervieweur audacieux.

M6 est une bonne chaîne de télévision.

Skyrock est une radio.

Michel Drucker est un homme très gentil.

Wolinski est un dessinateur.

Monique Pantel est une critique de cinéma.

Tolkien est un écrivain.

Pastiche 51

JPM s’exprime parfois hors du forum, et la crapoteuse émission de M6, Loft Story, lui en fournit l’occasion. Mais, dédaignant les vannes qu’une armée d’humoristes déversa sur ce spectacle honteusement truqué, il préféra y voir la réalisation d’une idée de... Marivaux. C’est ainsi que son ami Didier Porte reçut un jour ce pastiche de ses chroniques matinales sur Ouï-FM :

Le texte

Mon p’tit Josquin, je vous le dis tout net : les astuces vaseuses par lesquelles vous annoncez ma chronique tous les jours que Dieu fait (et Il sait s’Il en fait !) ne seront bientôt plus qu’un souvenir. En effet, je vous prédis que dans quelques minutes, vous n’oserez plus vous abstenir de me manifester la considération qui est due moins à mon prétendu grand âge qu’à la gratitude incommensurable que je vais vous inspirer et qui vous incitera, je n’en doute pas une seconde, à me baiser les pieds de reconnaissance éperdue. Et ne me rétorquez pas qu’on baise ce qu’on peut, comme Jean-Édouard l’a récemment prouvé avec Loana. D’une part, il n’y a pas de piscine dans ce studio, et d’autre part, cette réplique serait le comble du mauvais goût ; or le mauvais goût n’a pas droit de cité sur cette antenne – même si Picasso prétendait que le bon goût n’a rien à voir avec l’art.

Oui, Josquin, remerciez votre tonton Top, qui, avec sa magnanimité coutumière, à laquelle seule peut être comparée la chatoyance de son talent proverbial, va enfin relever le niveau de votre culture jusqu’ici quelque peu défaillante. Il était temps. Notez en passant, chers auditeurs, que ce geste de simple humanité fondamentalement empreint de solidarité bienveillante est accompli par votre serviteur de manière tout à fait bénévole. Certes, Michael Gentile, qui dirige cette station d’une main de velours dans un gant de fer, a bien tenté, par gratitude au vu des pointes himalayesques recensées par l’Audimat à cette heure matinale sur Ouï-FM, de me faire accepter une augmentation propre à faire passer mes émoluments du niveau actuel, celui d’un travailleur immigré venu du Glanbadesh (comme dirait Steevy), et contraint à marner douze heures par jour dans une cave du Sentier pour la plus grande gloire du prêt-à-porter hexagonal, à celui du manœuvre tunisien, payé au noir mais ayant la chance de travailler au grand air sur un chantier des Grands Travaux de la République ; un véritable pont d’or, par conséquent et pour rester dans les BTP. Mais vous me connaissez, désintéressé jusqu’à ce niveau d’abnégation qui ferait passer l’abbé Pierre pour un émule de l’oncle Picsou, j’ai repoussé l’offre de notre bien-aimé directeur, d’une munificence qui risquait de compromettre les finances de votre radio préférée, déjà mises à mal par les audaces inouïes de son très innovant service informatique. Au reste, les cachets mirobolants que me verse le Point-Virgule, où je passe du mercredi au samedi à 22 heures 15, et ce jusqu’au 14 juin, me permettent de vivre sur le standing qui convient à ma notoriété, de renouveler fréquemmment ma garde-robe, de fréquenter avec assiduité les instituts de fitness les plus en vogue, et même parfois de faire le plein de gazole pour ma 309 diesel. Je puis par conséquent faire preuve de ce détachement quasi-bouddhiste des biens matériels poussé jusqu’à l’extrême, qui a fait ma juste réputation dans les milieux artistiques et circumvoisins. Mais revenons au sujet qui nous occupe.

Josquin, mon p’tit bonhomme, vous ne l’ignorez pas, on n’a rien sans rien ; je vais donc vous prier de répondre à cette question, d’ailleurs sur toutes les lèvres : savez-vous qui est le véritable inventeur du concept de Loft Story ? Comme dans Voulez-vous gagner des millions ?, et sachez que je me sens tout à fait à l’aise dans le rôle de Jean-Pierre Foucaut, je vous laisse le choix entre quatre réponses. Donc, soyez attentif, voici ces quatre possibilités. Réponse A : Thierry Ardisson ; réponse B : Arthur ; réponse C : Marivaux ; réponse D : Obiwan Kenobi. Attention, réfléchissez. Vu l’importance de l’enjeu, vous n’avez droit à aucun joker et ne pouvez pas téléphoner à un ami.

(Ici, une alternative : si Josquin donne la bonne réponse, c’est-à-dire Marivaux, passer directement à >>> MARIVAUX. S’il donne une autre réponse, continuer ci-dessous)

Eh bien... Mauvaise réponse ! Vous avez perdu, nos auditeurs sont témoins, et il n’y aura pas de session de rattrapage. En outre, vous devez une tournée générale. Il fallait répondre : l’inventeur du concept de Loft Story était Pierre Carlet, alias Marivaux, 1688-1763, illustre dramaturge et académicien, auteur entre autres des Fausses confidences et du Jeu de l’amour et du hasard.

(Ici, passer à >>> SUITE)

 

>>> MARIVAUX

Josquin, vous avez répondu « Marivaux », et vous avez... gagné, à la surprise générale de ceux qui vous connaissent bien ! L’inventeur du concept de Loft Story était en effet Pierre Carlet, alias Marivaux, 1688-1763, illustre dramaturge et académicien, auteur des Fausses confidences et du Jeu de l’amour et du hasard. Dites-moi, comment avez-vous deviné ? Il y a un truc ?

 

>>> SUITE

À ce stade, nos auditeurs sont en droit de se demander si je n’ai pas abusé du romanet-conti, ou si Doc Gynéco ne m’a pas refilé son stock de pure colombienne. Eh bien non, en dialecticien chevronné, je n’avance rien que je ne puisse démontrer. Figurez-vous en effet que Marivaux est l’auteur d’une pièce en un acte, La dispute, qui a été jouée une seule fois de son temps, en 1744, et n’a pas été reprise en raison du bide qu’elle s’était ramassé à cette époque. La Comédie-Française attendra près de deux siècles avant de la rejouer, et la pièce a rendu célèbre Patrice Chéreau, qui l’a mise en scène voici un quart de siècle. Or, que racontait La dispute ? Ouvrez bien vos oreilles.

Le Prince d’un pays bien sûr imaginaire, et dans un lointain passé puisque cette idée ne pourrait germer dans l’esprit d’un véritable dirigeant des temps modernes, avait eu le désir de trancher une question qui s’était posée à sa cour : à savoir, qui, des hommes ou des femmes, avaient le plus de prédisposition pour l’inconstance amoureuse ? Il avait donc fait élever dans l’isolement le plus total une demi-douzaine d’enfants, trois garçons et trois filles, pris au berceau. Enfermés dans six maisons différentes, éduqués séparément et dans l’ignorance que les autres existaient, par des serviteurs noirs donc n’appartenant pas au genre humain, ces jeunes gens étaient rendus à la liberté à l’âge de dix-huit ans, et, constamment observés à leur insu, dès cet instant servaient de cobayes pour une expérience de psycho-sociologie en grandeur réelle. Ils ne tardaient pas à se rencontrer ; les deux premiers couples qui se formaient ne tardaient pas davantage à se déliter, comme on s’en doute, mais le troisième couple se révélait d’une fidélité en béton armé, ce qui permettait à Marivaux de conclure... qu’on ne pouvait rien conclure.

Bien sûr, ce pauvre Marivaux, sans doute en raison de son absence totale de savoir-faire (il n’aurait pas tenu un trimestre à la direction des programmes de M6), n’avait pas été capable de concevoir des caractères aussi marqués que ceux de Loana, de Jean-Édouard, de l’intello Philippe ou de Laure, la JR du groupe, et son manque d’imagination ne lui avait pas permis de prévoir qu’un jour, aux environs de 1980, naîtrait un Steevy, dont la fidélité à son Bourriquet et son attachement à sa maman et à son coiffeur auraient pu lui inspirer de bien belles pages. Il faut dire, fatale carence, que notre académicien ne faisait pas dans l’anticipation. C’est comme ça chez les classiques, il leur manquera toujours quelque chose pour plaire aux masses populaires. Aujourd’hui, Dieu merci, on sait faire preuve d’audace imaginative, je ne désespère donc pas de voir les concepteurs de Loft Story entrer un jour à l’Académie Française.

À demain.