Vie et opinions de JPM, agitateur inculte - Chez « Friends ’ - Feuilleton

JB-000 : Blind Test

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Résumé des chapitres précédents

Il faut avouer, lecteurs aimés, que pour une fois notre héros n’a pas à se plaindre : nous l’avons en effet laissé en pleine euphorie, alors que, de retour de sa mission, accomplie avec succès aux Pays-Bas, il fête en compagnie de ses collègues le... la... disons l’acquisition par notre beau pays d’une invention qui va lui valoir (à notre beau pays) une suprématie que d’aucuns commençaient, on ne sait pourquoi, à lui contester. Attitude mesquine et entièrement négative, comme toujours imputable à des étrangers jaloux, soutenus, d’ailleurs, par les éternels anti-français de l’intérieur, auxquels, je vous le dis, il faudrait une bonne guerre.

En toute logique, notre feuilleton aurait dû s’arrêter là. C’est du moins le parti qu’eussent adopté d’autres auteurs moins consciencieux, et atteints de « la goutte à l’imaginative », selon le mot d’Edmond Rostand.

Pas ça, et pas Nous !

Poursuivons donc.

CHAPITRE MDCCCXCX

La bâche et le tisonnier

Quatre mois après ces événements, JB marinait dans l’eau bleutée qui remplissait aux trois quarts l’immense baignoire de marbre de la salle de bains réservée au maître de ces lieux – chacune des sept autres chambres, il va sans dire... Comment ? Vous dites ? Vous avez déjà lu ça quelque part ? C’est juste. Excusez-moi, j’étais distrait. Ça peut arriver à tout le monde.

Je reprends.

Quatre mois plus tard, donc, disais-je, notre héros barbotait dans l’eau mousseuse qui emplissait aux deux tiers la vaste baignoire de porphyre de la salle d’eau, domaine exclusif du maître de céans. Chacune des neuf autres chambres (pourquoi me gêner ? Tant que j’y suis !), naturellement, était équipée d’une salle de bains personnelle, moins luxueuse, mais de bon ton, notre héros étant un hôte parfait. À portée de sa main, une coupe de verre de Murano contenait une liqueur dorée. JB se laissait aller à savourer un rêve délicieux. À quoi rêvait notre idole, qui est aussi la vôtre, bien sûr ? Vous le savez bien, voyons !

Ding-ding-ding-Dong !

Le carillon beethovenien de la porte d’entrée interrompit cette rêverie. Il ne se dérangea pas, laissant ce soin à son fidèle factotum, dont je ne vais tout de même pas changer aussi le nom sous prétexte de me renouveler, car la bonne volonté a des limites, tout autant que la faculté de se moquer du monde. Donc il s’appelle toujours Wang, et tant pis si ce nom ne vous plaît pas (il ne m’emballe pas non plus, du reste, mais la situation est assez embrouillée comme ça, et si j’envoie Wang ouvrir la porte, et si ensuite je vous raconte que c’est Tchang qui vient frapper trois coups discrets à la porte de la salle de bains, vous n’allez plus vous y retrouver. Je vous connais, non mais).

Donc, laissant à Machin le soin d’aller répondre, Chose rajouta des sels de bain dans l’eau chaude.

Trois coups discrets (trois, ou deux ? Je ne sais plus, ça y est, c’est de votre faute) suspendirent son mouvement : utilisant le code convenu entre eux, Truc prévenait son patron que sa présence était indispensable. Râlant contre le casse-pieds, Alphonse attrapa son peignoir et alla voir.

C’était le facteur, dont je suis sûr que lui, au moins, aurait frappé deux fois, s’il avait été à la place de l’autre Chinetoque.

Il y avait une letre recommandée pour JB.

Quant à savoir ce qu’elle contenait, vous pouvez vous brosser. Tintin pour aujourd’hui, il faudra attendre le prochain épisode. Ça vous apprendra à m’interrompre.

En attendant, vous reprendrez bien un Martini ?

(À suivre)