Les chroniques imaginaires de "Rien cirer" - Par Jean-Pierre Marquet

Lutter contre les sectes

Vendredi 24 mai 1996

Depuis que Pierre Desproges a formulé sa célèbre maxime « On peut rire de tout, mais pas avec n’importe qui » – dans cette maison de Radio France, au Tribunal des Flagrants Délires, lors du procès de Jean-Marie Le Pen, le mercredi 22 septembre 1982, et j’y étais –, cette maxime a été disséquée et redisséquée, et elle a fait l’objet de nombreux débats télévisés. On s’étonne même qu’elle n’ait jamais été mise au menu des épreuves du bac. Patience, ça viendra.

Je ne vais pas, à mon tour, apporter mon grain de sel à la controverse ; je me contenterais de mentionner que rien ne m’agace comme les rigolos professionnels, ceux qui se croient obligés de donner dans la dérision dès lors qu’elle est à la mode – alors même que ce genre d’audace ne comporte plus, aujourd’hui et dans ce pays, le moindre risque. Et je sais gré aux Guignols de l’Info des quelques sketches où ils ne cherchent pas à nous faire rire, mais bien plutôt à nous flanquer la pétoche. Vous l’avez sûrement remarqué : certaines de leurs idées, notamment à propos de la « World Company » ou de l’image dont la France « des Droits de l’Homme » jouit auprès des pauvres, font froid dans le dos. Et, sur le plan de la prise de conscience, ça n’est pas moins efficace que la pure poilade.

C’est pourquoi je vais aujourd’hui laisser de côté mes gaudrioles approximatives, et donner dans le sérieux, car le sujet ne souffre aucun autre traitement.

Revenant dans l’actualité à intervalles aussi réguliers que les idées géniales de Jacques Chirac, les faits divers souvent sanglants qu’on doit aux sectes font chaque fois, mais en plus grand, l’effet de six douzaines de boules puantes projetées dans la nef de Notre-Dame un jour d’obsèques nationales, une intervention à laquelle j’ai souvent rêvé d’assister, mais qui n’est pas près d’être réalisée, les Français ayant, contrairement à ce qu’ils disent et peut-être pensent, le respect chevillé au corps. Il s’ensuit que les bonnes gens se posent des questions, et d’abord celle-ci : qu’est-ce que les élites qui nous gouvernent attendent pour faire quelque chose contre ce fléau (les sectes, pas les boules puantes) ?

Or, agacés, à la longue, de passer pour des charlots, nos gouvernants nous ont récemment annoncé qu’on allait voir ce qu’on allait voir ; et, ainsi que de coutume, ils ont créé une commission. Je ne vous ferai pas l’injure de vous rappeler ce qu’on dit en général sur les commissions, qu’elles soient ministérielles ou parlementaires, vu que, depuis Clemenceau, Quand je veux enterrer une affaire, disait-il à peu près, je crée une commission.ça ne fait plus rire personne.

Un détail, pourtant : quand je dis « commission », je simplifie ; cette fois, on a baptisé le zinzin « Observatoire interministériel sur l’activité des sectes ». Voilà qui sonne mieux, et vous sentez tout de suite qu’on va être sauvé incessamment, et peut-être même avant, pour causer comme San-Antonio. Cependant, pour ma part, je suis prêt à vous parier mes cachets de la semaine plus un week-end à Sarcelles en ma compagnie ou en celle de Jackie Sardou, au choix, que ledit Observatoire va nous sortir de son chapeau la coutumière trouvaille que personne n’attend : une proposition de loi ! Une de plus…

Eh bien, Messieurs qu’on nomme grands, ainsi que le chantait Mouloudji, j’ai le regret de vous dire qu’il y a plus simple, et que, pas besoin de foutre la pagaille dans le Code Pénal pour réduire à quia les dangereux décérébrés qui, affublés d’un titre autodécerné de gourou, détournent les gosses de la vie normale, font les poches de leurs disciples, et organisent des suicides collectifs (quoique, « suicides », on demande à vérifier : c’est si pratique de se débarrasser d’un citron lorsqu’il a été suffisamment pressé, surtout lorsque le citron se laisse persuader qu’il a fait son temps).

Mais d’abord, juste comme ça, une remarque en passant. Et puisque c’est ici ma dernière chronique, mettons les pieds dans le plat, et risquons une remarque déplaisante : pourquoi vouloir lutter contre les sectes ? Que je sache, la fameuse loi de 1905 sur la séparation de l’Église et de l’État, que tous ici, c’est sûr, vous avez lue, a bien stipulé dans son Article 1 que, si ledit État ne reconnaît aucun culte, il doit, en retour, garantir la liberté d’exercice de TOUTES les croyances, y compris les plus nazes, celles des adorateurs du nombril, du fenouil en branche ou de mon culte sur la commode. Par conséquent, vouloir interdire l’action d’une secte qui ne viole pas la loi, et cela, sous le seul prétexte qu’elle est une secte, est contraire à la Constitution. Je fais de la provoc ? Non, car cela nous ramène directement à mon propos : le respect de la Loi.

Eh oui, il n’est peut-être pas nécessaire, pour un gouvernement, de se lever la peau à inventer de nouvelles lois, et d’épuiser nos chers députés, déjà surmenés, à en débattre. C’est qu’en effet, la difficulté de concevoir une loi spécifique contre les sectes se heurtera toujours à un obstacle majeur : afin de poursuivre une secte, il faut auparavant la définir ; et comment définir une secte sans inclure dans cette définition des caractéristiques s’appliquant également aux religions autorisées ? Vous imaginez, sérieusement, le gouvernement français rappelant son ambassadeur au Vatican pour cause de bourrage de crâne et vidage des poches des fidèles, cela de la part du vice-dieu qui règne là-bas ? À mon humble avis, faut pas rêver. En revanche, il suffirait sans doute d’utiliser les lois, règlements et autres textes qui existent déjà. Je détaille un peu tout ça, et pardon encore une fois si aujourd’hui je fais dans l’emmerdant, le sujet n’incite pas à se boyauter.

En premier lieu, les sectes sont influentes parce qu’elles sont riches. Et elles ne sont riches que parce que leurs adeptes travaillent gratuitement ou au rabais, et sans être déclarés, ni à la Sécu, ni à l’Inspection du Travail. Eh ! monsieur le ministre du Travail, commençons par vous : il ne vous est jamais venu à l’idée qu’en appliquant les textes qu’on vous charge de faire respecter, vous pourriez contribuer à tarir les sources de revenus des sectes ? Ce ne doit pas être beaucoup plus coton que de faire la chasse aux négriers qui emploient de la main d’œuvre tiers-mondiste et clandestine, une tâche où vous triomphez tous les jours ! C’est vrai, quoi : l’Administration, bien employée, quelle arme de guerre !

Attendez, monsieur le ministre du Repos hebdomadaire, je ne vous lâche pas comme ça : vous pourriez également contrôler le racket que les sectes exercent dans le domaine de la formation permanente, où elles multiplient les stages bidons qui leur rapportent des sommes importantes. Vous êtes bien placé pour savoir, par exemple, qu’à la suite d’une plainte de la CGT, la direction d’EDF, pour une fois éclairée, a cessé toute relation avec de prétendues sociétés de formation comme Otium ou CPV Conseil, soupçonnées d’être l’émanation de la secte Avatar, branche scissionniste de la Scientologie, mais aujourd’hui rebaptisée « Resurfacing » après que ses méthodes d’arnaque aient été dévoilées par l’un de ses propres « Masters » : dirigée par Harry Palmer, auparavant directeur de l’Église de Scientologie d’Elmira, petite ville de l’État de New York, cette secte avait fait dispenser à plusieurs dizaines de cadres nucléaires d’EDF, par au moins deux de ses adeptes, et sous couvert de formation professionnelle, des stages payés 18 000 francs par personne et par semaine, excusez du peu. Bref, l’EDF a fait toute la lumière ; mais, soit dit en passant, d’autres firmes ont été touchées, comme Thomson ou Esso.

Bon, lâchons les baskets du responsable du chômage et autres lieux, et voyons un peu son collègue ministre de la Défense. Celui-là, sans pondre le moindre nouveau texte de loi, pourrait au moins s’abstenir de favoriser une secte, au contraire de ce que fit l’ineffable François Léotard, cher frère Léo ! lequel accorda, aux Témoins de Jéhovah qui voulaient couper au service militaire, c’est-à-dire tous, un statut privilégié bien plus favorable que celui des objecteurs de conscience, dont ces dingues ne veulent pas entendre parler. Bien la peine d’avoir « fait » le séminaire, comme Léo, pour ensuite favoriser la concurrence ! Bon, vous allez dire que c’est du Léotard, c’est-à-dire du neuneu pur sucre ; mais pourquoi cette mesure a-t-elle été reconduite par son successeur Charles Millon, qui, sans être un ancien apprenti curé, n’en est pas moins un chrétien pratiquant, donc peu favorable aux sectes, du moins on l’imagine ?

N’épargnons pas le ministre des Affaires Étrangères, il pourrait croire qu’on le dédaigne. Voilà une Excellence qui, entre deux soirées chez l’ambassadeur à se gaver de chocolat Ferrero, pourrait veiller qu’aucun dirigeant de secte n’utilise la valise diplomatique, comme cela se produisit en 1987 : une responsable à l’étranger de la secte I.V.I. (Invitation à la Vie) faisait alors savoir, dans des publications de ladite secte, qu’on pouvait la joindre à l’ambassade de France, je cite texto, « par la valise diplomatique, 37, quai d’Orsay ». Pourquoi se gêner ?

Et le Garde des Sceaux ? Il ne peut rien faire, le Garde des Sceaux ? Pas même prendre davantage au sérieux les plaintes et témoignages déposés par les familles des victimes, trop souvent classés sans suite ? Rappelons donc au garde des bouteilles vides que, si aucune loi ne met les adultes à l’abri des manipulations mentales, il en existe une, du moins, qui veille sur les mineurs : des textes existent réprimant l’apologie du suicide, qu’on aurait pu appliquer contre la secte du Temple Solaire. De même, la législation contre l’escroquerie est rarement appliquée ; elle pourrait l’être dans bien des cas, par exemple contre la Scientologie.

Le ministre des Affaires sociales, quant à lui, pourrait, s’il a un moment, rappeler à la DDASS qu’elle détient le pouvoir de retirer un enfant à une famille indigne ; si elle va parfois jusqu’à user de ce droit pour arracher un pauvre gosse à des parents adoptifs sains d’esprit et qui lui ont refait une vie normale, à seule fin de le rendre à des parents « naturels » en manque de progéniture à tourmenter – ça s’est vu –, elle pourrait a fortiori en user lorsque des parents mabouls sont sous l’influence d’un gourou, non ? Au contraire de cela, on a pu voir l’un des ministres des Affaires sociales de Mitterrand, l’incroyable Georgina Dufoix, se montrer zélée sympathisante de la secte I.V.I. susnommée, dont les sept mille adeptes considèrent leur grande prêtresse fondatrice, Yvonne Trubert, ancienne remailleuse et ex-voyante, comme la réincarnation du Christ, et croient guérir toutes les maladies par la prière et des pratiques bizarroïdes qu’ils baptisent du doux nom d’« harmonisations ». Il est vrai que Georgina Dufoix, avant même de triompher dans l’affaire que vous n’avez pas oubliée, Celle du sang contaminé.je l’espère pour vous, avait en outre, en sa qualité de ministre ayant la Santé dans ses attributions, songé à créer près de Nice un Institut chargé d’étudier les médecines dites « douces »... dont aucune étude, aucun texte ne reconnaît la validité.

Mais est-ce que tout ça dédouane l’actuel successeur de cette grande comique ? Pour compenser, on lui suggère plutôt de veiller, par exemple, à ce que des médecins parfois très connus, et prodiguant leur science à titre de professeurs dans des Centres Hospitaliers Universitaires, ne donnent pas leur caution à des publications foireuses, comme le mensuel « Psychologies », en vente dans tous les kiosques, qui est une émanation de la même secte I.V.I., fait la propagande des théories new age, et passe des publicités pour la secte Resurfacing, ex-Avatar, dont je parlais plus haut ; secte dont l’enseignement consiste notamment à remettre en cause toutes les croyances antérieures de ses adeptes, y compris médicales ; au point que certains, atteints d’un cancer, avaient arrêté tout traitement, dans l’espoir de guérir par le pouvoir de leur seule volonté. Il est vrai que le vice-président de la secte est un membre de la faculté de médecine de Paris, ça aide.

De son côté, le Conseil de l’Ordre des Médecins a les moyens de réagir contre la présence de ses membres dans des sectes prétendues guérisseuses, dont le recrutement a doublé depuis cinq ans, selon un rapport des Renseignements généraux ; ou d’attaquer, au nom de l’assistance à personne en danger, celles qui interdisent vaccinations et transfusions sanguines, comme le font les Témoins de Jéhovah. Or, il fait le contraire, le Conseil de l’Ordre, puisque de nombreux médecins ont reçu une invitation à un colloque organisé à Paris les 15 et 16 février 1996 par une Association médico-scientifique, qui n’est qu’un faux nez des mêmes Témoins de Jéhovah. Thème du colloque : l’une des obsessions de ces piqués, la chirurgie sans transfusion, car ils refusent les transfusions de sang. Assistaient à ce pince-fesses plusieurs représentants de l’Ordre des Médecins, dont le propre président du Conseil national de cet Ordre, le professeur Bernard Glorion !

Du côté du président de l’Assemblée nationale, on n’est pas non plus les mains liées, que je sache : le titulaire du Perchoir peut interdire que soient invités des Témoins de Jéhovah, encore eux, à un colloque d’initiative parlementaire sur le statut des associations cultuelles, comme ce fut le cas le 24 novembre 1995. Il peut aussi mettre le holà au démarchage des députés par les principales sectes et par leur groupe de pression, un pseudo syndicat baptisé Firephim, bien introduit à l’Assemblée comme au Sénat. Enfin, le cher Séguin pourrait étouffer de façon moins voyante les questions gênantes posées à certains membres du gouvernement, notamment celle posée par le député Jean-Pierre Brard, vice-président de la commission parlementaire sur les sectes, qui demandait, le 8 février 1996, « Que fait le ministère de la Défense à l’égard des Témoins de Jéhovah ? », et s’est attiré comme seule réponse, de la part de Séguin, un péremptoire « Le débat est clos ». Ça fait désordre, non ? Ladite commission n’avait pas pu entendre le ministre Charles Millon, qui ne s’était dérangé pour répondre, ni lors du débat public, ni pour la séance à huis clos de la commission.

Passons au ministre de l’Éducation nationale. Lui a le pouvoir et le devoir de contrôler les écoles privées. Or, certaines sectes fondent leurs propres écoles, réservées aux enfants de leurs adeptes : la Scientologie, la Sokka Gakkai, les Dévôts de Krishna, le Mandarom, la Sahaja Yoga et les Chevaliers du Lotus. Qu’il leur envoie donc quelques inspecteurs, de préférence bien choisis, ça ne manque pas, et j’en ai connus quelques-uns, particulièrement vicelards. Pour une fois qu’ils pourraient se rendre utiles, autrement qu’en persécutant de malheureuses institutrices ! Le même ministre peut également veiller plus étroitement à ce que les responsables des sectes, comme la Scientologie, ne s’infiltrent pas dans les écoles publiques sous le prétexte d’un programme anti-drogue : cette dernière a été jusqu’à distribuer de la propagande dans les casiers des enseignants. Il est vrai que ces derniers adorent la lecture.

Et le ministre de l’Intérieur que le monde entier nous envie ? Ce cher Jean-Louis Debré qui nous rappelle tant son père, l’inventeur de l’entonnoir ? Eh bien, il pourrait s’inquiéter lorsqu’il constate la présence de deux policiers parmi les dirigeants de l’ordre du Temple solaire, ou celle d’un réseau scientologue au sein de la police de Montpellier, ou encore l’existence, à Toulouse, d’un réseau d’adeptes de la Scientologie dirigé par trois inspecteurs, dont un divisionnaire – ce dernier à la fois « maître » chez les Scientologues et délégué régional d’un syndicat policier pour la région Midi-Pyrénées ! Il pourrait aussi éviter que des scientologues travaillent sur les ordinateurs de l’unité antiterroriste Raid, sous prétexte de mettre au point un fichier d’informations sensibles.

Les ministres de l’Intérieur successifs pourraient surtout veiller à ne pas se faire personnellement piéger, comme Gaston Defferre – en même temps que Michel Debré et Maurice Couve de Murville, tous deux anciens Premiers ministres – par les Templiers d’un pseudo-Ordre de Malte. Ou éviter, comme le fit Jean-Louis Debré, toujours lui, le 5 novembre 1995, d’offrir l’hospitalité de Paris au prétendu « révérend » Moon – alors que celui-ci est interdit de séjour en Allemagne et en Grande-Bretagne – et de lui permettre d’y donner une conférence sur « La vraie famille et moi ». Voulait-il imiter Édouard Balladur, qui, en 1993, adressa un « message d’encouragement » (textuel) à l’épouse de Moon, de passage à Paris ?

Le ministre des Finances, qui nous est si cher, pourrait se rendre utile, une fois n’est pas coutume, en ordonnant aux Douanes de refuser certains transferts de fonds destinés à régler divers redressements réclamés par l’URSSAF, comme ce fut le cas lorsque la Scientologie voulut faire venir de l’étranger 48 millions qui lui étaient nécessaires pour se mettre en règle – ce qui prouve au moins qu’elle ne l’était pas. Les Douanes peuvent également bloquer des cargaisons de brochures de propagande lorsque celles-ci proviennent de l’étranger.

Mais lâchons les membres du Gouvernement pour suggérer aux collectivités locales de se montrer moins coulantes lorsqu’il s’agit de délivrer un permis de construire : les installations du Mandarom, qui défigurent une partie du paysage provençal, ont reçu la bénédiction de TOUS les élus du coin, quelle que soit leur tendance politique ; en particulier, celle des maires UDF et du sénateur socialiste Fernand Tardy, qui sont intervenus pour l’obtention du permis de construire, notamment, d’un énorme temple de 8000 mètres cubes et de 33 mètres de hauteur. Les Témoins de Jéhovah, eux, ont seulement réussi à coloniser tout un quartier de Louviers. Comme dit Philippe Val, allez-y, vous n’en reviendrez pas.

Enfin, les dirigeants élus de la Fédération mondiale des villes jumelées ont laissé la secte Écoovie noyauter leur fédération, jusqu’à en prendre le contrôle total.

J’ai gardé pour la bonne bouche le Président de la République, Jacques Chirac, lequel, j’en suis sûr, aura scrupule d’imiter son prédécesseur en accueillant au Palais présidentiel des représentants de sectes : en 1989, Mitterrand, à l’instigation de sa femme, reçut à l’Élysée Daisaku Ikeda, chef de la secte japonaise Sokka Gakkai-Nuchiren Shoshu (à vos souhaits !). Pas étonnant, puisque ladite secte avait réussi à infiltrer la Fondation Danièle Mitterrand, bravo tatie Danièle ! C’est celle qui compte dans le monde le plus grand nombre d’adeptes (la Sokka Gakkai, pas Danièle Mitterand), soit dix-sept millions, parmi lesquels Tina Turner, la chanteuse, et six mille en France ; elle possède même au Japon son propre parti politique, du genre nationaliste. Son gourou Daisaku Ikeda, après cette réception élyséenne, n’eut ensuite aucun mal à se faire recevoir par Alain Poher, président du Sénat, et par Jack Lang, ministre de la Culture. Mais c’est mal parti pour une réaction de Chichi : pas encore Président, Chirac, alors maire de Paris, avait chargé Toubon d’organiser à l’Hôtel de Ville une réception en faveur du colonel Bo Hi Pak, numéro deux de la secte Moon. Alors que le propre frère de Valéry Giscard d’Estaing, Olivier, dirigeait le Trianon-Palace, un hôtel de luxe appartenant à la même secte (il a d’ailleurs été inculpé pour ses activités à la tête de cet établissement).

Voilà, je vous avais promis d’être emmerdant, j’ai tenu parole avec ces quelques suggestions, qui n’avaient d’autre ambition que de rappeler une vérité première : résoudre certains « problèmes de société » est du domaine de la loi, il suffit de l’appliquer !

Comme il est tout à fait certain que les responsables que je viens de citer sont à l’écoute, ont bu mes paroles et n’en ont pas perdu une miette (essayez donc de boire des miettes), soyez rassurés, chers Françaises-Français : le problème est quasiment résolu.

Pour ma part, je dois vous quitter en même temps que j’abandonne ici ma dépouille matérielle. Oui, je ne vous ai pas tout dit, je suis raélien, j’ai un rendez-vous avec les extraterrestres, et mon corps astral ne veut pas rater la soucoupe volante qui passe me chercher dans une heure devant la Tour Eiffel.